Donner une conference tech : les coulisses đ€
đ Dâhabitude je parle dâEngineering, de management, de code⊠mais une fois nâest pas coutume je vais faire un REX sur quelque chose qui me tient Ă cĆur : donner des confĂ©rences tech.
Une conf câest pas 40 minutes sur scĂšne
Spoiler : une conf câest pas 40 minutes. Câest des semaines de prĂ©paration, une charge mentale non-nĂ©gligeable, et un jour J !
VoilĂ comment je prĂ©pare les miennes, de la rĂ©ponse au CFP jusquâĂ lâafter.
đŹ La rĂ©ponse au CFP : quâest-ce que jâai Ă dire ?
Tout commence lĂ . Un CFP (Call For Papers) sâouvre, et la question qui se pose immĂ©diatement : sur quoi je vais parler ?
Ma mĂ©thode : je rĂ©flĂ©chis Ă tout ce sur quoi jâai vraiment bossĂ© ces derniers mois . Pas ce que je voudrais avoir fait, ce que jâai rĂ©ellement vĂ©cu. Quelles sont les situations qui mâont marquĂ© ? Les galĂšres ? Les succĂšs ?
Câest lĂ que naĂźt un bon sujet de conf : dans un REX honnĂȘte. Les gens viennent en confĂ©rence pour apprendre de lâexpĂ©rience des autres, avoir des cas pratiques, pas juste Ă©couter de la thĂ©orie quâils pourraient lire dans la doc officielle.
đïž Les slides : la partie la plus longue (et la plus chronophage)
Ne te leurre pas, câest ici que passe la majoritĂ© du temps.
Je commence toujours par un plan avec les grandes lignes. Pas les slides, juste les idées principales. Comme un squelette.
- Quâest-ce que je veux dire ?
- Dans quel ordre ?
- Quelle est mon fil rouge ?
Ensuite seulement je me lance dans les slides en me disant quâun slide doit aider Ă faire une transition ou Ă faire passer UN message.
Si tu te retrouves Ă Ă©crire un pavĂ© sur un slide, câest que tu as en rĂ©alitĂ© deux ou trois slides devant toi. Et si ton slide ne fait passer aucun message clair, il nâa probablement pas sa place dans ton deck.
Lâautre truc que jâaime faire, câest injecter des rĂ©fĂ©rences de culture dans mes slides. Un mĂšme bien placĂ©, une rĂ©fĂ©rence, un personnage connuâŠ
Parce que la tech peut vite devenir ennuyeuse, et que rien ne brise mieux la monotonie quâune rĂ©fĂ©rence que les gens reconnaissent et qui les fait sourire đ.
đż Les references et les blagues sont des outils de connexion avec ton audience. Ăa dĂ©tend lâatmosphĂšre, ça crĂ©e des moments mĂ©morables, et ça te diffĂ©rencie du speaker qui lit ses bullets points sans lever les yeux.
đ La review des slides
Une fois les slides terminĂ©s ou plutĂŽt une fois que je crois quâils sont terminĂ©s je fais une auto-review.
Et câest souvent le moment oĂč je fais le mĂ©nage đ§č
Certains slides sont trop riches : jâai voulu tout dire, du coup je ne dis plus rien de clair. Dâautres ne sont pas assez complets : jâai sautĂ© des Ă©tapes en me disant que âça se comprendâ, mais non. Et quelques-uns sont tout simplement inutiles : ils ne font pas avancer le propos, ils le diluent.
Le critĂšre que jâutilise : est-ce que ce slide aide mon audience Ă comprendre quelque chose ?
đïž Le dry-run
Je présente les slides du début à la fin. Debout. Avec un faux micro. En me chronométrant.
Debout : parce que debout ça change ta respiration, ton débit, ton énergie. Si tu te prépares assis, tu auras une mauvaise surprise le jour J.
Faux micro : parce que tenir quelque chose dans la main change ta gestuelle. Et parce que ça tâaide Ă te projeter mentalement sur scĂšne.
ChronomĂ©trĂ© : parce que sans ça, tu nâas aucune idĂ©e de tes temps de passage. Est-ce que tu es en avance ? En retard ? Est-ce que tu vas devoir couper ou accĂ©lĂ©rer Ă la fin ? Le chrono te donne des repĂšres concrets pour te situer dans le temps pendant la vraie conf.
Pendant le dry-run, je prends des notes : les passages trop flous, les transitions qui ne sâenchaĂźnent pas bien, les moments oĂč jâaurais besoin dâun exemple supplĂ©mentaire.
Et puis il y a les blagues. Certaines sont prĂ©parĂ©es, elles sont dans le script depuis le dĂ©but. Mais les meilleures ? Elles Ă©mergent dans le feu de lâaction pendant les rĂ©pĂ©titions. La spontanĂ©itĂ© ça se cultive, paradoxalement đ.
Personnellement je rĂ©pĂšte la veille et le jour J. Cela mâaide Ă avoir confiance et me donne le sentiment dâĂȘtre prĂȘt. Cela contribue Ă maĂźtriser le stress du passage.
đ§ La charge mentale : le truc dont personne ne parle
Câest la chose qui mâa le plus surpris lors de ma 1Ăšre confĂ©rence !
Ă chaque fois que je suis sĂ©lectionnĂ© pour une conf, jâai un poids au-dessus de la tĂȘte. Une sorte de pression sourde qui sâinstalle dĂšs la notification dâacceptation et qui ne part quâune fois que je suis sur scĂšne et que ça dĂ©marre.
Câest pas du stress nĂ©gatif, câest plutĂŽt de la responsabilitĂ©. Tâas proposĂ© un sujet, des gens ont dĂ©cidĂ© que ça valait la peine dâĂȘtre entendu, et maintenant il faut ĂȘtre Ă la hauteur de cette promesse.
Ce poids, il colore les semaines de prĂ©paration. Il te rĂ©veille parfois la nuit avec un âet si je dĂ©veloppe mieux cette partie ?â ou un mauvais rĂȘve dans lequel tu oublies ton ordi le jour du passage (histoire vraie).
Et puis le jour J arrive. Tu montes sur scĂšne. Et le poids disparaĂźt.
Une confĂ©rence câest pas 40 minutes. Câest des semaines de prĂ©paration et une libĂ©ration le jour J.
đïž Le jour J
Le matin, je rĂ©pĂšte encore une fois et jâessaie de me mettre au calme avant de monter sur scĂšne.
Un truc que jâai appris avec le temps : jâaime passer le premier jour de la confĂ©rence. Ăa peut sembler contre-intuitif, pourquoi ne pas attendre dâavoir rĂ©chauffĂ© la salle, dâavoir vu comment les autres speakers gĂšrent leur sujet ?
Parce que passer tĂŽt, ça permet dâĂ©vacuer rapidement. Une fois que câest fait, câest fait. Et le reste de la confĂ©rence devient du pur plaisir : je peux vraiment Ă©couter les autres talks, Ă©changer avec les gens, et surtout rĂ©colter du feedback et discuter avec les personnes qui ont assistĂ© Ă ma conf sans avoir la tĂȘte dans mes slides.
Le deuxiĂšme jour est beaucoup plus lĂ©ger quand le poids est parti depuis la veille đ.
đ€ Et aprĂšs ?
Le vrai bonus dâune confĂ©rence, câest ce qui se passe autour et aprĂšs.
Les discussions dans les couloirs. Les questions quâon te pose. La personne qui vient te dire âjâavais exactement le mĂȘme problĂšme, on a fait ça de notre cĂŽtĂ©â. Câest lĂ que tu rĂ©alises que ton REX a touchĂ© quelquâun, que ton expĂ©rience a de la valeur au-delĂ de ton contexte.
MĂȘme des mois plus tard il est frĂ©quent quâune personne tâaborde en te disant quâelle a vue ta confĂ©rence⊠Cela crĂ©e du lien et aide Ă dĂ©velopper son rĂ©seau.
Alors si tu hĂ©sites Ă te lancer : rĂ©ponds Ă ce CFP. Tâas plus de choses intĂ©ressantes Ă raconter que tu ne le penses đ«”.
LâExperience đ
Il est évident que plus tu donnes des conférences et plus tu es efficaces à chaque étape de préparation.
En effet, je passe beaucoup moins de temps Ă prĂ©parer une confĂ©rence aujourdâhui que lors de ma premiĂšre prĂ©sentation.
NĂ©anmoins cela reste un travail Ă rĂ©aliser assez consĂ©quent et le meilleur moyen dâaider 1 speaker, câest de lui donner du feedback.
Moi câest SmaĂŻne Milianni, jâaime bien lâEngineering et lâHumain, tu peux me retrouver par mes contributions par ici.
Si cet article tâa Ă©tĂ© utile, pense Ă đ et Ă le partager ça mâaide beaucoup. Et si tâas des questions ou envie dâĂ©changer, nâhĂ©site pas Ă me contacter ! đ
